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dimanche 23 novembre 2014

Parution d'Un Elastique dans le dos, Natura Naturans. (Les Editions Moires).


Cet ouvrage rassemble six textes de pensées philosophiques écrits et illustrés par Alice Popieul. Ses préoccupations? Le corps organique, la nécessité, la liberté, le souvenir, l'expérience, la maternité, l'identité. Des pensées "natura naturans", qui disent "la nature en train de se faire", une allusion au panthéisme de Spinoza, le "work in progress" des plasticiens. Une approche qui met l'expérience esthétique et l'expérimentation au coeur de la pulsation artistique. Les six chapitres sont : La Villa Mordieu, L'esthétautologie, Inceste de citation, Nietzsche pute Nietzsche soumise, L'inviolabilité, L'Eglise. Préface de Serge Ritman.

Disponible depuis cette semaine sur le site de l'excellente maison des Editions Moires 
et partout en librairies.




lundi 3 novembre 2014

Double noeud

Non seulement l'avenir peut être changé, mais il en va de même pour le passé. C'est la double causalité liée à une conception cyclique du temps. D'après les expériences de laboratoire, la conscience est fondamentalement non-locale et non soumise à la succession illusoire des événements : cela a pour conséquence de permettre les voyages hors du présent (donc hors du corps) et d'intervenir en tous points de l'espace-temps. La conscience totale ne peut investir un corps sans se fractionner, car l'infinité des informations le tuerait : en conséquence, dieu nous observe à travers une passoire.

dimanche 17 août 2014

musique = énergie sapiens sapiens


Le son, le verbe, la vibration : la pâte de notre univers, la pâte de notre corps. 

La forme des arbres est une mélodie synesthésique, et le monde entier n'est que mélodie synesthésique. Un cri-chant qui caresse ou grille notre peau, comme le fait le cri-chant qui sort de la bouche du soleil, qui est une étoile. N'oublions pas que les anges, censément ces mouchoirs en papier abandonnés à la tempête dans lesquels dieu se serait mouché, sont la texture du vent. Ils soufflent dans les trompettes terrifiantes et autoritaires que les empereurs plagient, hurlent des sentences implacables que les sirènes imitent (car il faut le savoir, la séduction plagie le charme, le "carmen", le chant). Et bien sûr, ils bandent les cordes de leurs arcs-lyre qui décochent le cataclysme des sentiments.
Ces maîtres invisibles de musique ont le pouvoir terrible de posséder ceux de nos corps qui entrent en résonance avec les battements du coeur de l'espace-temps. C'est souvent dans le rêve que se canalise cette possession consentie, car aucun démon ne peut entrer quelque part sans y être invité, c'est la loi. Alors le rêveur devient l'hôte de la musique, qui n'est autre qu'énergie consciente d'elle même. La musique est une énergie ondulatoire sapiens sapiens, qui veut être chantée par un être hanté, qui veut être jouée par un être joué d'elle. La mélodie est la vibration cachée sous la peau du monde qui a besoin qu'on lui donne chair et peau pour être vue de nous. Comme le sait Leibniz, la chanson veut être rejouée encore et encore de toutes les manières possibles, obéissant à sa propre loi, de la même manière que les saumons remontent les rivières. Alors la musique prend possession de nos corps, comme l'embryon s'invite dans l'utérus préparé pour lui. C'est ainsi que la mère musicienne porte la mélodie enroulée en ses ventres et coeurs jusqu'au jour où ouvrant sa conscience à la présence de son hôte, elle l'exprime enfin, l'excrète : 

car toutes les musiques qui doivent être jouées seront jouées.