Soyez flexible du flux. Recevez une alerte mail à chaque nouvelle parution.

samedi 13 avril 2013

Ce que je vais vous dire ici est vrai.

-->
Comme tous les êtres gazeux, magnétiques et mus par des forces, nous n’avons pas de frontière, à part celle que nous nous sommes fixée, quand on dit « je ». Notre peau est aussi perméable et discontinue qu’un trait de fusain observé au microscope. C’est vrai !

Des particules nous traversent continuellement de part en part. Nous absorbons des éléments pour nous nourrir et nous faire respirer et excrétons des éléments pour nourrir les autres êtres et les faire respirer. Ici ma peau a été un brin d’herbe, là, mon cheveu une goutte d’eau de la mer morte, là encore mon cœur a été celui d’une proie chassée par un tricératops, puis tricératops lui-même.

Les éléments qui nous composent ont été créés dans le cœur des étoiles il y a des milliards d’années terrestre.
Peut être même sont-ils éternels, ce que nous savons, c’est qu’ils nous préexistent et nous survivent  indéfiniment : C’est vrai !

Nous sommes plus que des véhicules de la vie, nous sommes la vie et la mort en même temps, l’homéostasie et l’entropie, nous sommes l’espace-temps. Nous ne sommes pas dans l’espace-temps. Nous sommes l’espace-temps, comme dit Christophe. Nous sommes les cellules d’un seul être, du Grand Tout, comme disait Rousseau.

Nous sommes peut-être la seule tentative, le premier essai de l’univers pour se comprendre lui-même, pour se penser lui-même. Nous sommes des étoiles qui se regardent de l’intérieur. Nous sommes des galaxies. Nous ne sommes pas perdus au milieu de l’univers, nous sommes ce territoire. Nous habitons et sommes habités : c’est vrai ! Nous n’avons pas une seule conscience, nous avons plusieurs consciences, nous sommes plusieurs consciences.  Nous sommes plusieurs mondes.

Un morceau de nous était un bout de soleil, un autre, une aile de papillon, un autre un solvant épandu sur les champs, un autre une grand-mère japonaise, un autre un bout d’une de ces créatures sombres et inquiétantes qui peuplent le fond des océans. C’est l’amour qui rapproche les particules et fait émerger de nouvelles formes. Nous avons hérité de tout l’amour qui a été donné, de toutes les douleurs qui ont été infligées. Nous sommes toutes les douleurs qui ont été infligées, nous sommes tout l’amour qui a été donné. 

La vie n’est jamais née, elle ne s’éteindra jamais. Elle se transforme continuellement. A l’âge d’humain, nous utilisons des métaphores pour notre esprit de fourmis. Nous voyons notre sœur écrasée sur le bord de la route, et nous croyons qu’elle n’est plus. Mais elle est encore. Elle est maintenant la route.