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mercredi 26 octobre 2011

La Toussaint

Les lourdes portes de bois peint qui frottent le métal à chaque poussée de fièvre fervente lâchent encore une fois un râle aigu. Des capiteuseries d’encens, des odeurs de pisse absente et de bougies d’anniversaire  croupissent dans le bénitier. Les derniers pleurs de bébés mouillés à la tête cognent encore faiblement dans les interstices des stucs, mais ses pas couvrent définitivement toute velléité de persistance sonore. Dans son habit inutile, elle s’avance jusqu’au corps suspendu à la peau de marbre. Elle se retrousse et se dégante, tel qu’on lui apprît, pour manifester une docilité fébrile devant le Maître. Sa main touchant sa main, puis l’enlaçant, elle se sent alors suffisamment autorisée à l’épanchement. Pour bien faire, il faut baisser les yeux.

« L’odeur est-elle l’apanage des animaux suants ou toi aussi tu sens le délicieux foutre des pores ? C’est pas l’exhalaison du jardin des pierres et des mots en « euil «, ça ! Le desséché et le pâli, les globes en verre poli qui couvrent des papiers photosensibles, les fausses végétations et le gravier entre les allées, je les ai souvent vus de loin avant d’y laisser un bout de ma peau. Un bout de ma peau qu’était plus vieille que les autres, mais que ça voulait pas dire qu’elle devait crever. Enhumussée... et encore, ce serait bien si c’était le cas. Mais non, ce sont des murs qu’on a mis autour pour que ça fasse plus d’hygiène.

J’ai estimé que le temps du recueil était révolu ; qu’on-ne-sait-quoi avait submergé ce temps. Il faut croire que j’ai mesestimé, je m’en plains bien ! Maintenant que preuve est faite de ma créance erronée, je projette de ne plus m’accorder réputation. Il va bien falloir que dans le froid, j’abandonne mes oripeaux en attendant couvrure alterne. C’est ainsi : et en tant que tel, il faut l'agréer.
Puisque de moi-même je ne suis plus maîtresse, je conséquemment suppute qu’un autre doive se charger de cette direction. De là, m’agenouille-je. Fallût-il que j’y croive un peu pour me risquer en des parages si mal fréquentés ! Pleins de sous-fifres et d’auto-tyrans, de bas-chefs et de couteaux tirés. D’épouvantails et d’épousailles… de poutres, de pailles, et de funérailles ! »

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