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mardi 19 novembre 2013

Nuit végétale

Ce matin, je me suis plantée devant lui. Je l'observais en silence, de tout près. Il n'avait l'air nullement gêné et ne montra pas plus d'embarras quand je lui adressai la parole. "Comment fais-tu pour avoir des bras qui poussent en toutes directions ? On dirait que tu cherches à toucher tous points de la sphère invisible qui t'entoure. Est ce que c'est parce que tu as des racines que tu croîs en tous sens ? Pourquoi n'as-tu pas développé une simple symétrie bipartite comme nous autres animaux ? D'où te vient cette maîtrise singulière de la gravité ? "

Il entrait dans l'hibernation, le sommeil avait déjà engourdi son corps et ses branches étaient presque entièrement nues. Sa peau un peu terne était couverte de mousse côté nord. L'endormissement est long chez les arbres, et d'ailleurs le réveil aussi. Rien ni personne ne perturbe leur long rêve.

vendredi 18 octobre 2013

Résonance perpétuelle.


De morceaux d'Antoine Emaz, Fabrice Farre, Lola Nicolle, Bernard Vargaftig, Jean-Paul Woodall, Laura Vazquez, Valérie Michel et de moi sont dans le Résonance Générale #6, Cahiers pour la poétique, grâce à Serge Martin, Laurent Mourey et Philipe Païni.


lundi 14 octobre 2013

Si on ose dire "vérité", alors voilà ce qu'on peut en dire.


La poésie redit le message des Anciens, qui s'est émoussé à force d'être vrai.
Ce qui s’est passé, c’est que toutes les vérités ont été proférées et nous cohabitons avec elles dans leur habit démodé, hérité des grands-mères. Mais à un moment donné, malgré la couche de poussière qui la surmonte, nous sentons la vérité dans notre corps, une strate de vérité –bien sûr- qui fait partie du mille feuille de la vérité –bien sûr- ; l’émotion esthétique qui nous indique qu’elle est vraie, cette pensée-expérience habillée de vieux habits. Elle portait les guenilles de la tradition ou alors simplement elle avait été oubliée de ne point avoir disparu, cachée par une tonne de bouquins accumulés par dessus. Poussiéreuse à souhait. Mais quand on la retrouve à la faveur d’une éclaircie, on ne sait plus comment la présenter au monde, car le monde la voit encore dans ses vieux habits. On la connaît déjà, elle n’a plus ses couleurs, c’est comme le cadavre de cette vérité aux yeux de tous.  Ou de presque tous : il en est qui ont senti cette chose, certains ont été frappés par elle et ne sont pas plus étonnés que ça de la trouver rutilante et gorgée de sang, les joues rouges, entre vos mains. C’est alors qu’on se rappelle qu’on n’est pas seul, qu’il y a encore à apprendre de nos compagnons humains.

vendredi 13 septembre 2013

Tâcheronne

Demain, il faut encore que je pense à me pousser les cheveux et les ongles. Ceux des enfants aussi, sans oublier leurs dents et leurs os, un peu de peau pour les plaies des genoux. Finir la toile de l'araignée dans les toilettes, tomber certaines cerises du petit arbre, pourrir à des stades divers celles qui sont déjà tombées, et caresser plusieurs fois par jour les graminées pour qu'elles lâchent leur sperme. (ça me fait penser à pourrir le fromage périmé dans le frigo, aussi). Eclore quelques fleurs de pissenlit sans oublier les indispensables paires d'inspiration/expiration en soulevant le diaphragme environ toutes les 2 secondes, et ce nonne stop. Ascendre la lune pour pas qu'elle soit en retard, et me foute du bordel dans mes marées.

vendredi 26 juillet 2013

Parfait !

Si on était obligés d'admettre que l'idée de perfection ait une quelconque pertinence, si on était contraints d'utiliser ce mot à bon escient, alors ça signifierait simplement que la perfection, c'est l'existence même.